|
Le mystère Picasso (1955) |
|
|
Réalisateur : Henri-Georges
Clouzot Fiche technique: ici SYNOPSIS Sur la toile blanche de l'écran, le crayon de Picasso
court avec fermeté et souplesse et un dessin s'élabore devant le spectateur,
dans un silence recueilli où seul s'entend le crissement du fusain. Dès le
deuxième tableau qui sera suivi d'une dizaine d'autres, une musique abondante
et riche, aux rythmes les plus variés, accompagne ce mystérieux cheminement
de la création artistique où Picasso - qu'on l'apprécie ou qu'on ne le
comprenne pas - se montre virtuose. Et devant chaque nouvelle toile blanche s'opère
cette création magique, partie d'un simple trait noir, dans l'angle ou le
centre de ce vide lumineux, transformé et modifié par des bourgeonnements
incessants, auxquels la symphonie des couleurs aux rapprochements audacieux
confère richesse dans la simplicité ou au contraire harmonie, dans
l'abondance des tons. Aux dessins surréalistes si surprenants qu'ils relèvent
de la jonglerie, succèdent des tauromachies - rares sujets où Picasso oublie
son goût de la mystification pour rester fidèle à l'esprit initial du premier
trait de crayon : ses scènes de corrida où le taureau vainc toujours l'homme
sont les plus saisissantes et accessibles au public le moins initié. Mais
Picasso affectionne ces mutations extravagantes de quelques fleurs en un
poisson joufflu, puis un coq altier enfin en une tête de diable d'un
burlesque inquiétant. Et le spectateur impuissant et consterné par ces
transformations successives qui lui semblent massacrer une toile dont l'état
antérieur paraissait préférable, doit subir vingt, trente modifications
successives que la caméra lui assène à un rythme diabolique. La dernière
fusée de ce feu d'artifice est la plage de la Garoupe, présentée en
cinémascope, avec les transformations incessantes qu'apporte Picasso à cette
grande fresque, à partir de l'édifice primitif aux tendres couleurs jusqu'au
tableau noir et tourmenté. |