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La dernière lettre (2002) |
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Réalisateur : Frederick Wiseman Fiche technique: ici CASTING
SYNOPSIS Puisque le terme de "chef-d'oeuvre"
est désormais si souvent galvaudé, disons que ce film est une très grande oeuvre. Un grand film qui n'est ni une fiction, ni un
documentaire, ni du théâtre filmé. F. Wiseman crée ici une sorte de forme
hybride et perpétuellement étonnante. Jusque-là, Wiseman s'était fait
connaître pour ses nombreux documentaires, au travers desquels il menait une
sorte de longue enquête sur les institutions américaines, allant de l'hôpital
psychiatrique (Titicut follies,
1967) aux logements sociaux (Public Housing, 1999),
en passant par le commissariat (Law and Order,
1969) ou l'armée (Basic Training, 1971). En 1996, il réalisait La
Comédie-Française, qui a peut-être été un des deux catalyseurs du présent
film. Le second étant la lecture d'un livre majeur de la littérature russe du
XXe siècle : "Vie et destin" de Vassili Grossman, dont l'auteur,
victime de la répression antisémite, avait réussi à faire passer le manuscrit
à l'Ouest. Il retrace l'histoire d'une famille habitant la future Stalingrad.
L'antisémitisme russo-stalinien y tient une large
place et le chapitre 17 contient la lettre d'adieu à son fils d'une
doctoresse juive, enfermée dans le ghetto de Berditchev (ville natale de
Grossman, et majoritairement peuplée de Juifs). Wiseman adapta ce texte,
d'abord pour le théâtre de Boston, il y a une quinzaine d'années. Mais il a
ensuite abandonné le style réaliste de cette première version dans le travail
qu'il a réalisé pour la Comédie-Française, après avoir rencontré Catherine
Samie, doyenne de la troupe et comédienne majeure. Elle a réussi le tour de
force souhaité par le réalisateur : faire de chaque spectateur le
destinataire de cette lettre. Wiseman a filmé en noir et blanc (et l'on ne
peut l'imaginer autrement), allant de l'ombre au visage, en gros plan, en
plan américain, en silhouette. Même un néophyte sera frappé par l'importance
déterminante du travail du chef-opérateur, Yorgos
Arvanitis. Wiseman précise qu'il a tourné en 48 scènes, filmées dans l'ordre,
pendant trois semaines. Le montage a duré trois mois à partir de 12 heures de
rushes, le son direct exigeant un gros travail de mixage. Le texte - intégral
- de cette "dernière lettre" sait créer l'émotion sans jamais
verser dans la sensiblerie. Mais lorsque Catherine Samie fredonne une vieille
berceuse juive, la distance que l'humour avait permis au spectateur de
conserver s'effondre... |